La Cuisine est un Art

Lorsque l’on parle d’art, on cite toujours un écrivain, un musicien ou un peintre dont la mission est de créer un univers illusoire, un paradis artificiel pour nous consoler d’une réalité qui serait absurde. La mission d’un cuisinier est tout autre : en créant un univers qui n’a rien d’illusoire, un paradis qui n’a rien d’artificiel, il nous rapproche d’un Dieu dont je ne sais si tel ou tel chef y croit mais dont je suis certain qu’ils ne le rejettent pas. Et si un grand repas c’est du rêve, de l’illusion et des idées, c’est aussi l’univers des choses les plus simples auxquelles le génie du chef ajoute celui des choses invisibles. Certains cuisiniers nous donnent accès à cette réalité, ils nous la font percevoir dans son évidence concrète parce qu’ils sont, tout simplement des artistes.

Bernard Carrère.


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18 août 2014

Les architectes du plaisir

« Les beaux-arts sont au nombre de cinq : peinture, sculpture, poésie, musique et architecture, laquelle a pour branche principale la pâtisserie » nous avait prévenu Antonin Carême il y a quelques siècles.
L'enchantement que provoque un élégant dessert quand il se pose délicatement sur notre table est inexplicable ; nos yeux brillent et nos papilles nous poussent à avaler une première bouchée et soupirer d'aise. La magie des couleurs, l'habileté du "montage" dans l'assiette, tout ceci ne peut être élaboré que par des mains expertes et des esprits subtils.
Reconnaissons aux pâtissiers de restaurant tout le talent dont ils font preuve pour régaler nos sens, à commencer par la vue. Toutes les très bonnes tables ont un chef pâtissier capable de vous faire découvrir des saveurs raffinées et des mariages astucieux. Fruits, épices, herbes parfois, chocolat peuvent ainsi cohabiter dans une même assiette et vous rappeler d'enfantins souvenirs restés enfouis, la faute au "trop sucré" des préparations rapides et autres desserts "tout prêts" que certains établissement n'hésitent pas à nous servir.
Arrivé il y a plus de 20 ans dans les cuisines du Sofitel Miramar, Didier Jegou est le chef pâtissier des deux restaurants - gastronomique et "Allégée Bien-Être" - de l'hôtel. Avec David Signarbieux, son complice depuis de nombreuses années, ils proposent des créations originales et des classiques avec justesse. Quatre desserts figurent sur la carte et chaque jour deux autres sont proposés dans le menu.
Les pâtissiers de restaurant sont des comédiens de théâtre quand les pâtissiers de "boutique" sont des acteurs de cinéma. Si ces derniers élaborent d'abord leurs œuvres pour les présenter plus tard au public, les premiers jouent en direct une partition soigneusement préparée et répétée. 
Un même art peut se conjuguer de multiples façons quand on le pratique avec talent.



Pêches Caramélisées, Macaron et Sorbet Verveine
Macaron : 250g de poudre d'amandes, 400g de sucre glace, 220g de blancs d'œufs, 130g de sucre.
Tamisez la poudre d'amandes et le sucre glace. Montez les blancs en neige et serrez avec le sucre. Puis mélangez les avec la poudre d'amandes et le sucre glace. Couchez les macarons avec une poche et une douille unie en forme de spirale. Faites cuire à 140° pendant 15 minutes.
Sorbet verveine : 560g d'eau, 90g de trimoline (sucre inverti), 180g de sucre, 35g de jus de citron, 15g de verveine pour infusion, 5g de verveine hachée.
Réalisez un sirop avec l'eau, le sucre, la trimoline, le jus de citron et la verveine pour infusion. Laissez infuser, filtrez, rajoutez la verveine hachée et turbinez le tout. Coupez une pêche en six morceaux et faites caraméliser les tranches avec du sucre dans une poêle. Dressez avec quelques fruits de saison et dégustez.

04 août 2014

Pressée d'aubergines et cèpes, copeaux de jambon cecina, figues fraîches et amandes grillées

Andrée et Stéphane Rosier - Les Rosiers

Virtuoses du terroir basque, mer et arrière-pays confondus, qu'ils parcourent avec passion en regardant vers d'autres horizons pour le réinventer de belle manière, Andrée et Stéphane Rosier pratiquent une cuisine aux cuissons impeccables et aux saveurs délicates. Leur adresse élégante et raffinée est celle d'un tandem talentueux et inventif qui a aussi l'intelligence de rester adorablement modeste. 


Ingrédients pour 4 personnes :
- 2 aubergines
- 8 beaux cèpes
- 12 fines tranches de cecina
- 20g d'amandes grillées salées
- 1 figue fraîche 
- 1 c. à soupe vinaigre balsamique
- 1 c. à soupe vinaigre de xérès
- 4 c. à soupe huile amande douce
- 1 c. à soupe persil ciselé
- 1 c. à soupe ciboulette ciselée
- 1 gousse d'ail
- Thym


Pelez les aubergines et taillez les en larges rondelles. Assaisonnez et faites les poêler à l’huile d’olive.
Lavez les cèpes et taillez d’épaisses tranches. Faites les poêler avec une gousse d’ail écrasé et du thym.
Après la cuisson des aubergines et des cèpes, montez les dans un cercle en rajoutant un peu de persil et de ciboulette ciselée, ensuite laissez les tiédir avant de servir.
Réalisez une vinaigrette d’huile d'amande douce.
Concassez les amandes grillées.
Taillez des petits dés de figues et de fines tranches de cecina.
Pour le dressage, laissez votre inspiration vous guider.

 


Tél. 05 59 23 13 68

22 juillet 2014

La Gazette Gourmande #32 est arrivée !



- L'édito de #BernardCarrère
- Les sœurs de #SistersAndTheCity à #SanSebastian
- La recette de #PatriceLubet du RESTAURANT JEAN DES SABLES - HOSSEGOR à #Hossegor
- Les excellentes huiles d'#Oléandes
- Le #Carvi par #NicolasAgoutinLes relais de Rungis
- Le #Fiskekaker, plat typique de #Norvège
- Une visite de l' Hotel Maria Cristina, San Sebastian
- Les thés #Yemaya de #LaurenceMarchese
- Une grande balade gourmande au pays du bien vivre…
- Un livre du pétillant #AlainDarroze
- Un autre livre d'#OlivierBernard du Domaine de Chevalier
- Les jolis mots de #CharlesMonselet
- Le fabuleux #Remelluri en #Rioja
#Lehia, le vin blanc de la cave d'#Irouléguy
- Les conseils de nos cavistes

Et pour la partie Tribunes :
- De la volonté au résultat
- L'esprit d'équipe pour #DeLespoirPourLéa et Cap ô pas Cap
- La déchirure du mollet par #RenaudBonnet
- La visite du golf d'Augusta par #JoannaKlatten

15 juillet 2014

L'enchanteur de Guéthary

« Guéthary, c’est un petit patelin en plein Pays Basque et que j’ai choisi parce qu’il est au bord de la mer : on en voit même un petit bout de mon balcon. » écrit le poète Paul-Jean Toulet lorsque qu’il vint s’installer à Guéthary en 1916. A quelques pas de sa maison, presque en face, entre la poste, la mairie et le fronton, Claude Calvet, jeune professionnel d’une expérience aussi sérieuse que discrète, a ouvert Getaria avec la simple idée de faire votre bonheur. 
Entamée en juillet, la belle histoire d’amour entre Claude et Guéthary est en train de réussir grâce à sa cuisine goûteuse et parfumée qui n'a rien de la cuisine "tape à l’oeil" que certains restaurateurs ignorant tout de la cuisine déclinent en noms ronflants sur des cartes trop longues. Pleine de soleil et de fraîcheur lorsqu’elle se tourne vers les poissons, savoureuse avec des accents de l’autre côté lorsqu’elle se consacre aux viandes et au gibier, c'est la cuisine d’un homme de talent qui a la passion de son métier et aime la faire partager.
Hommage à la cuisine du terroir, saveurs authentiques et amour du beau produit, voila la simple équation qui permet à Claude Calvet d'offrir une cuisine très personnelle et d’une grande séduction. Une adresse que je vous invite à découvrir sans attendre !

Tél. 05 59 51 24 11

18 juin 2014

C'est épicé ! A la découverte des poivres

Qu’ils soient d’Inde, de Chine, du Népal, de Tasmanie ou bien encore de Madagascar, chaque poivre est une invitation au voyage. Nous partons cette fois-ci au aux portes de l’Himalaya pour découvrir une baie qui  séduit nos chefs pour ses particularités.

Le poivre Timut du Népal ressemble beaucoup à son cousin du Sichuan à la différence près que les baies sont plus petites et surtout plus foncées avec une dominante brune. Sa parenté avec les agrumes apparaît très vite évidente avec un parfum précis et tendu de pamplemousse accompagné d’une fraîcheur évidente. En bouche, les arômes se multiplient et se répondent enchaînant des notes de bois, de poivre, de fruits exotiques puis une finale qui évoque le pamplemousse. Des sensations qui s’accompagnent d’une saveur irritante et paralysante qui résonne sur la langue. Comme le poivre du Sichuan, le Timut contient en effet des "alpha sanshoo", un amide qui déclenche cet embrasement de la bouche.


Fraîcheur, dépaysement et exotisme habitent cette épice magique qui révèle un cœur immense. Le consommé léger de homard de Guy Savoy et le sorbet crémeux de litchi de Pierre Gagnaire, deux préparations relevées de poivre timut du Népal démontrent que l’épice se plie aussi bien au salé qu’au sucré. À l’expérience, il se montre parfait pour parfumer des coquilles Saint-Jacques, des langoustines sautées, un fond de veau ou tout simplement un carpaccio de saumon. Avec une simple compote d’abricots, l’union de ce poivre avec la cardamome devient sublime. 

Vinaigrette au poivre de Timut  :
Dans un bol versez 2 cuillères à soupe de vinaigre balsamique de Modène à la truffe. Ajoutez 2 cuillères à café de pâte de citron confit, 2 cuillères à soupe bombées de ciboulette ciselée, un peu de sel, quelques tours de moulin de poivre Timut de Katmandou, 8 cuillères à soupe d'huile d'olive. Choisir une grande huile d'olive, si possible AOP ou AOC, en l'occurrence j'ai utilisé une huile produite localement et primée. Bien émulsionner l'ensemble avec un fouet.


Nicolas Agoutin pour La Gazette Gourmande